“Organiser des festivals en mixité choisie, c’est compliqué”

Joy, drag queer, questionne l'inclusivité des lieux culturels

Joy est un artiste drag queer sexisé et racisé programmé dans de plus en plus d’institutions culturelles. Depuis quelques années, iel incarne son persona drag, Mama Tituba, de manière engagée en abordant des thèmes tels que le racisme et le colonialisme. Cette visibilité dont iel bénéficie aujourd’hui sur scène peut pourtant s’avérer simple inclusion de façade si elle ne s’accompagne pas d’autres mesures la renforçant. Selon iel, elle reste cependant nécessaire pour construire une carrière et poser des pierres pour les suivant·es. Dans ses performances, Joy passe de la colère à la vulnérabilité sans se laisser récupérer.  

Tu es de plus en plus programmé et médiatisé. Est-ce que tu te retrouves dans ce qui est visibilisé par rapport à ton travail ? 
Alors ça dépend. Déjà je n’ai pas fait le tour du monde de la presse, ça a toujours été de la presse spécialisée artistique, queer, bruxelloise… Mais la question c’est comment éviter l’instrumentalisation en tant que personnes queers et racisées. On a eu cette discussion à Voix de Femme à Liège : comment on fait pour garder notre essence, comment on fait pour ne pas être récupéré·es par des médias, par des politiques, par tout ça ? Et en même temps, ce sont ces moments où on peut être visibles. Donc je dirais que moi je navigue comme je peux. Il y a des fois le token1* tu le prends, parce que tu sais que ça va te servir pour plus tard. Je sais aussi que comme d’autres l’ont fait avant moi, comme j’ai été inspiré par des gens, on pose aussi des pierres pour les générations d’après.  
Si je peux être une source d’inspiration pour que d’autres artistes queers racisé·es se lancent…  

Cet article a été publié sur Mammouth Media. Pour le lire au complet, c’est ici

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