Avoir un corps - Hardcore

La nouvelle création d’Alban Ovanessian, semblait attendue par le public, au vu de la file d’attente constituée pour l’occasion dans le théâtre de la Balsamine. Présenté comme une utopie queer post-émancipatrice, le spectacle de danse met en scène les quatre performeur·euses Bissi Adeye, Aaa Biczysko, Elsa Tagawa et Arno Verbruggen qui y prennent phénoménalement place.

C’était mardi soir, j’allais au théâtre de la Balsamine pour voir un spectacle nommé hardcore et le mot m’inquiétait. Avec mes ami⸱es, on est entré·es dans la salle, on s’est assis·es sur des tables tout autour du plateau, ce qui s’appelle (je viens de l’apprendre) une mise en scène quadri frontale, c’est à dire qu’on entourait les performeureuses comme dans une arène[1].

J’ai trouvé ça beau, immédiatement. Les performeureuses étaient déjà sur le plateau, la musique était plutôt douce, un truc sensuel et lent, des mouvements lancinants, on se faisait regarder dans les yeux, moi je savais pas comment réagir que dire avec mes yeux, qu’est-ce qu’on dit du regard quand on est public et que devant nous des corps ondulent agrippent écartent frottent contractent en rythme, qu’est-ce qu’on dit quand parfois la musique s’éteint et que tu les entends respirer, quand parfois la musique gueule et que tu les entends gueuler (iels parlent pas, jamais, t’entends leurs mollets et leurs ventres gueuler).

Qu’est-ce qu’on dit quand c’est comme ça, je sais pas. Je regardais juste avec admiration et respect, je crois, j’essayais de dire ça. Je me sentais bien, émue, emmenée tranquillement. Je trouvais ça beau et érotique, présent.

Cet article a été publié sur La Pointe. Pour le lire au complet, c’est ici

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